Au départ, le corps sans vie de l’époux gît
face à la narratrice ; A partir de cette vision, commence un long parcours
qui mènera l’épouse de la colère, de l’impuissance, du désespoir, au renouveau
et à la vie.
A cette prose sexuée – féminine – volontairement sensuelle, se mêlent la
voix de son homme mort – par le truchement de citations de ses écrits
personnels – et la langue des textes sacrés.
Façon de pastiche du Cantique des cantiques – auquel il est explicitement
fait référence – ce texte fonctionne comme une succession de dialogues croisés :
l’épouse avec l’époux, l’époux avec le texte biblique, l’épouse qui à son tour,
invoque le Très haut, interroge les textes, pour trouver une réponse à sa
douleur, à son manque – une raison de vivre.
En dernière instance, la narratrice est convoquée, appelée à renaître dans
la connaissance de cet homme, de sa disparition et avec lui une injonction dont
la force la dépasse, la submerge et l’emporte : « Continue, c’est ce
qu’il veut. C’est ce que je veux aussi pour tes enfants, pour ton art, ton corps
est trop jeune pour dépérir dans le chagrin. Ta voix est là toute tracée dans
la création. C’est le moment ou jamais. Crée ! »
Ainsi cet écrit justifie-t-il la vie de cette femme, son œuvre et la continuation
de l’œuvre de celui-là qui n’est plus… »
Gérard Bobillier, directeur des éditions Verdier. Le 8 septembre 2009.
Extraits de textes et peintures